Démarrer le module (mis à jour le 28/04/2026)
La notion de « peuple élu » en religion est l’une des plus mouvantes et problématiques qui soit et pour laquelle la distance entre notions érudites et usages du sens commun est parfois considérable.
De nombreuses dénominations « dire » une élection : « élu », « choisi », « aimé »… et cette élection est parfois le fait de Dieu directement, d’un ange, ou d’un prophète… Quant aux dimensions de l’élection elle est soit individuelle soit collective et sa pérennité pose la question du lignage et des éventuelles hiérarchies entre différentes formes ou origines de l’élection (« fils d’Adam » et « fils de Noé », « mu’min » et « muslim »)
L’idée de peuple élu étant plus facile à définir au sein d’une religion n’ayant pas vocation à se propager – non sans omettre que les animateurs d’une même religion peuvent promouvoir l’une ou l’autre option selon les temporalités.
Le cadre de la mission dévolue au peuple élu peut se concevoir sur plusieurs échelles, soit au sein d’un peuple comme une fraction de ce dit-peuple selon des logiques individuelles (élection des saints), à des lignages (traditions musulmanes sur les mérites de Shafi’i – le fondateur du maddhab chaféite – qui ne sont pas seulement liés à sa piété individuelle mais aussi à son hérédité) nobiliaires et/ou de caste (brahmanes dans l’hindouisme par ex.), ou parmi les peuples ; l’élection conférant donc au peuple élu un rôle spécifique au sein du monde. L’objectif de ce cours sera donc d’abord de comprendre comment se conçoit cette notion d’élection notamment dans le judaïsme et comment elle est lue et/ou récupérée dans le christianisme et dans l’islam (notion de al-jibaya min Allah).
Les biais et les circonstances particulières permettant à cette notion souvent hautement symbolique et impliquant pour celles et ceux qui y souscrivent davantage de devoirs que de droits de devenir le socle de l’affirmation d’une supériorité raciale que ce soit dans le cadre du protestantisme (Royaume-Uni, Afrique du sud & Etats-Unis), du mormonisme, du judaïsme ou encore du rastafarisme.