Extrait de Zahret Echemarikh

[…] les populations du Sous étaient pressées de tous les cotés par les ennemis infidèles qui occupaient un grand nombre de points de leur territoire. Et tandis que les chrétiens obscurcissaient l’espace par leur multitude et affermissaient leur puissance, les musulmans demeuraient dans la plus grande confusion, faute d’avoir un chef qui les groupât autour de lui et ralliât ainsi les forces de l’islam. L’autorité de Banu Wattas sur la contrée du Souss s’était, en effet, fort amoindrie ; elle était encore reconnue dans les villes du Maghreb, mais dans le Souss elle était purement nominale. En outre, à ce moment, les Banu Wattas étaient absorbés par leur lutte contre les infidèles dans les places fortes d’Asila, de Larache […]. Lorsque les gens du Souss se virent menacés des plus grands malheurs par les entreprises des chrétiens qui convoitaient leur pays, ils s’adressèrent à leur chef, le saint personnage Abou Abdallah Mohamed ben Mobarek. Ils lui exposèrent la triste situation que leur faisaient, d’une part la dispersion de leurs forces et la division qui régnait parmi eux, et d’autre part, l’ardeur de l’ennemi dont les attaques étaient incessantes. Ils proposèrent ensuite au saint homme de se grouper autour de lui et de lui prêter serment d’obéissance, lui donnant ainsi l’autorité nécessaire pour gouverner les tribus et les conduire au combat contre l’ennemi. Abou Abddallah refusa énergiquement d’accepter cette proposition : « Il y a, dit-il, à Tagmadart, dans le Dra’a, un chérif qui assure que ses deux fils sont appelés à un grand avenir. Adressez-vous à ce personnage et prêtez-lui serment d’obéissance : cela sera digne et plus utile à vos desseins ».
Abderrahman al-Fassi, Zahret Echemarikh Fi Ilmi Attarikh, la date n’est pas précisée par les historiens, mais on peut dire qu’il a écrit vers 1675. Abderrahman al-Fassi a produit de nombreux ouvrages sur la doctrine musulmane, il était aussi poète et juriste.