Les vertus morales

Tout homme, particulièrement le chrétien, a fortiori celui qui se retire du monde pour le service du Très-Haut, doit se référer avant tout acte à la conscience qui juge:

  • Si l'acte est conforme aux préceptes de Dieu et de l'Eglise, aux vœux déjà émis et à l'Esprit de la Sainte Règle

  • Si cet acte est convenable et nécessaire,

  • Si un autre serait plus adéquat et plus utile,

  • Quels sont les moyens les plus appropriés pour le réaliser,

  • Et quelles en seront les conséquences...

C'est ce qu'on appelle la prudence ; elle consiste à demander conseil aux gens expérimentés, à s'éclairer auprès de ceux qui ont été à rude école et à réfléchir avant d'agir. En cela comme en tout, il faut la profonde humilité que nous recommande le Sauveur : « Apprenez de Moi que je suis doux et humble de cœur », car l'humilité tue l'esprit de précipitation, le dédain des conseils et la confiance excessive en soi diamétralement opposée à la vertu de prudence. Ce qui la contrarie aussi, c'est la versatilité, l'impulsivité, la ruse, l'hypocrisie que doit absolument éviter la servante de Dieu.

Certains actes humains sont naturellement liés au plaisir, telles la nourriture, la boisson etc... La servante de Dieu devrait s'y contenter du strict nécessaire ; c'est ce que nous appelons la tempérance. La gourmandise qui lui est opposée consiste non seulement à abuser de nourriture et de boisson, mais à y préférer le plaisir au profit.

Une telle attitude chez la servante de Dieu mérite la répugnance et la réprobation car elle a déjà renoncé à tous les plaisirs mondains pour ne goûter qu'aux plaisirs spirituels provenant de son union intime avec Dieu qui lui fait goûter, dès ici-bas, au bonheur des parvis éternels.

Il est d'autres actes ou s'enchevêtrent diverses difficultés. Dans ce cas, la servante de Dieu a besoin de la vertu de force afin de résister aux passions de l'âme, de s'armer de patience au sein des difficultés, des épreuves et de la persécution, et afin d'avoir l'esprit d'initiative et l'énergie nécessaires à tout acte visant la gloire de Dieu : « car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi ». (2 Tm.1/7).

Enfin, l'homme a des relations sociales desquelles découlent certains devoirs imposés par la vertu de justice : à chacun ses droits ; aux supérieurs, l'obéissance ; à l'autorité, le respect ; aux sœurs, l'amour fraternel ; aux bienfaiteurs, la reconnaissance... De même, nous avons envers Dieu des devoirs exigés par la vertu de religion liée à la vertu de justice : outre la foi, l'espérance et la charité qui affermissent les liens de l'âme avec la Trinité Sainte, nous devons honorer Dieu par des actes intérieurs et extérieurs, communs et privés, telles l'adoration, la prière...

Source : Le patriarche Elias Hoyek, La voix du Fondateur, صوت المؤسّس, traduction soeur Marie-Roger Zoghbi, sd, p. 57-58.

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