Le Phénix d'après Clément de Rome

Considérons l'étrange prodige qui s'opère dans les contrées de l'Orient, c'est-à-dire en Arabie. On y voit un oiseau qu'on appelle phénix. Il est seul de son espèce et vit cinq cents ans. A l'approche de sa fin, il se construit avec de l'encens, de la myrrhe et autres aromates, un cercueil où il pénètre, son temps accompli, pour y mourir. De sa chair en putréfaction naît un ver, qui se nourrit de la pourriture de l'oiseau mort et se couvre de plumes ; puis, devenu fort, il soulève le cercueil où reposent les os de son ancêtre et avec ce fardeau il passe d'Arabie en Egypte, jusqu'à la ville d'Héliopolis. Là en plein jour, aux yeux de tous, il va en volant le déposer sur l'autel du soleil ; après quoi, il prend son vol pour le retour. Alors les prêtres, consultant leurs annales, constatent qu'il est venu après cinq cents ans révolus.

Texte attribué à Clément de Rome, Epîtres aux corinthiens Homélie du II siècle, dans: Les pères apostoliques II, Texte grec, traduction française par Hippolyte HEMMER, 2e édition, Paris, Librairie Auguste Picard, 1926, XXV

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