2016-2017 : RELIGIONS ET GESTION DE LA VIOLENCE

Au cours des siècles passés, et encore à l’époque contemporaine, des responsables religieux comme politiques ont appelé à la transcendance divine pour justifier des actes de violence. D’autres autorités religieuses, au contraire, ont agi pour, canaliser, limiter ou bannir la violence. Pour comprendre la manière dont fonctionne la dynamique à l’œuvre dans la dialectique paix/guerre qui a travaillé les religions, il est impératif d’historiciser le phénomène en distinguant les textes de référence et leur interprétation, le contexte des épisodes conflictuels ou de pacification, les pratiques individuelles et collectives. De la sorte peuvent être mis au jour les grandes tensions susceptibles de mener à commettre des actes violents, notamment guerriers.

2015-2016 : Femmes et religions : portraits, organisations, débats

La parole au nom de l’autorité politique ou religieuse a, le plus souvent, été l’apanage des hommes. Si ceux-ci ont pu reconnaître aux femmes une égalité en matière de foi, ils ont conservé et renforcé les privilèges dont ils bénéficiaient au sein des structures confessionnelles, tout en laissant aux femmes des champs d’action autonomes. La modernité, caractérisée par une mise au centre de la personne humaine dans le système d’organisation et de représentation, fut un moment de bascule. Mais la promotion du rôle des femmes dans les sociétés et les transformations de leur statut légal n’ont pas obéi à un processus linéaire. Les engagements en faveur de l’émancipation féminine ont convergé jusque dans les années 1960, par-delà les convictions religieuses. Au cours du demi-siècle qui suivit, les « féminismes » s’exprimèrent de manière parfois très divergente.

2014-2015 : Religions et représentation figurée

Au cours de la problématique de la représentation figurée sont posées, depuis 25 siècles et pour des croyants de différentes confessions, trois questions : Comment représenter ce qui est conçu comme transcendant ? Est-il possible, souhaitable et permis de restituer par la plume, le pinceau ou divers autres instruments un geste créateur concernant le vivant ? Quel type de relation le croyant/la croyante peut-il/elle ou doit-il/elle entretenir avec cette représentation ? L’intérêt de cette histoire consiste à montrer que chacune des traditions religieuses, en fonction des lieux et des moments, a pu véhiculer des positions contradictoires. Trois moments apparaissent particulièrement saillants : les VIIe-VIe siècle avant l’ère chrétienne, marqués par la mise par écrit d’un interdit et de récits montrant que celui-ci n’a pas toujours prévalu ; le VIIIe siècle au cours duquel se cristallisent pour les juifs, chrétiens et musulmans les principaux termes théoriques du rapport religieux à l’image ; les XIXe et XXe siècles marqués par une impossibilité croissante de la maîtrise du flux des représentations pour des raisons à la fois techniques et politiques.

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2013-2014 : Sciences et religions à l’époque contemporaine XIXe-XXe siècles

La relation entre science et religion est un thème d’étude controversé. Parmi les enjeux historiographiques figurent la caractérisation de ce qui s’est passé dans l’Europe du XVIIe siècle et la place de l’héritage religieux, juif, chrétien et musulman. Le contenu du module d’histoire HEMED se place en aval de cette période, en distinguant trois volets le premier consiste à montrer comment les « sciences humaines et naturelles » ont acquis une indépendance à l’égard du « savoir religieux » ; le deuxième est centré sur la variété des réactions des autorités religieuses face au progrès scientifique et technologique ; le troisième vise à rendre compte de débats contemporains autour des questions épistémologiques. La spécificité de l’approche consiste à ne pas séparer a priori l’histoire de milieux culturels trop souvent présentés comme des blocs fossilisés.

2012-2013 : Honorer les dieux dans l’espace méditerranéen antique et ses marges

Durant l’Antiquité, la Méditerranée et ses rives sont un espace particulièrement dynamique pour les déplacements humains, les échanges commerciaux et culturels, les conflits militaires et politiques. Les cultes sont inscrits dans cette équation. Le plus souvent, ils ne sont pas au cœur des enjeux de pouvoir, mais ils ne sont pas non plus absents. Les traces laissées par l’archéologie ou les sources écrites révèlent de multiples formes de création, d’adaptation et de récupération de références ou de pratiques religieuses. Loin de toute perspective téléologique, les chercheurs du réseau HEMED ont cherché à penser ce moment particulier de l’histoire religieuse à partir de trois thématiques : espaces du sacré ; mutations religieuses ; articulation entre religions et pouvoirs.

2011-2012 : Politique, religion et constructions étatiques (XIe–XVIe/XIXe siècles)

Après la disparition de l’Empire romain d’Occident et l’affaiblissement de l’Empire romain d’Orient, des rapports modifiés entre autorités politiques et religieuses sont à l’origine de nouvelles constructions étatiques. Au nord comme au sud de la Méditerranée, les liens n’obéissent pas à une logique linéaire d’affirmation d’un régime d’autonomie au détriment d’un régime d’hétéronomie initialement prédominant entre le XIe et le XVIe siècle. A partir de ce moment, cependant, la puissance politique a davantage tendance à s’affirmer dans l’espace européen : de manière significative, le règlement des guerres entre catholiques et protestants y est élaboré par des juristes sans lien direct avec les théologiens. C’est pour étudier ce tableau complexe que les auteurs de ce module ont abordé son analyse sous trois angles : les théories du pouvoir ; les institutions politico-religieuses ; les pratiques du pouvoir.

2010-2011 : Migrations religieuses (XVIe–XIXe siècles)

Exils, fuites, départs forcés ou choisis… des mouvements de population importants ont, dans l’espace euro-méditerranéen, touché toutes les confessions au cours des cinq derniers siècles.
Pour saisir le phénomène dans son contexte, l’analyse comparée de quatre types de migration a obéi à un cahier des charges précis portant sur les causes (qui débordent le seul fait religieux), les modalités de gestion ainsi que les enjeux de mémoire.